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Les origines de
l'Eglise orthodoxe
russe de Vevey
par Ivan
Grézine
En 1999, Ivan Grézine
publia son ouvrage sur Les Orthodoxes russes en Suisse romande.
Essai d'histoire (Genève, Ed. Nemo, 1999, 156 p. – cliquer
ici pour voir la table des matières). Ce livre couvre un siècle d'histoire des paroisses orthodoxes
russes en Suisse, de 1817 à 1917-1918, avec la césure de la Révolution.
A l'heure où l'Eglise de Vevey célèbre son 125e anniversaire
et s'engage dans d'important travaux de réfection, Orthodoxie.ch publie
avec l'aimable autorisation de l'auteur le chapitre consacré aux débuts
de l'Eglise Sainte-Barbara, à la rue des Communaux, à Vevey. Ce chapitre
couvre les pages 65 à 75 de l'édition imprimée de l'ouvrage.
L’église de Genève
ne resta pas longtemps seule église russe en Suisse romande. Une
dizaine d’années plus tard apparut l’Eglise russe Sainte-Barbara à Vevey.
Son histoire est différente de celle de l’église de Genève,
surtout par le rôle des personnes privées dans sa construction,
ainsi que l’influence de certains paroissiens sur son fonctionnement. Contrairement à l’église
de Genève, qui, continuant l’histoire de celle de Berne, devint
une église «officielle», église de la Légation
russe, la paroisse Sainte-Barbara fut entièrement créée
par l’initiative et des fonds privés. Les leçons à tirer
de son histoire concernent aussi les pratiques des relations entre les
membres d’une paroisse, de même qu’entre la paroisse et son recteur,
et sont très instructives.
Vers la deuxième moitié du XIXe
siècle,
la Riviera vaudoise prit peu à peu la relève du centre du public russe «sûr»,
sans excès révolutionnaires et débordements des intellectuels en réflexion...[1]
Les raisons supplémentaires de la
création d’une paroisse à Vevey furent les suivantes: non seulement il
y avait beaucoup de Russes à Vevey et dans les environs, mais les jours
de fêtes les membres de la Famille Impériale en voyage en Suisse, de même
que les fonctionnaires de la Légation préféreraient rester à Vevey qu’aller à Genève,
Vevey étant plus près de Berne et des stations de montagne. En plus, plusieurs
Russes souffraient de maladies, ce qui ne leur facilitait pas le déplacement
jusqu’à Genève. Il existait aussi à Vevey un établissement médical de M.Parchet,
ancien enseignant au Lycée Nicolas à Moscou, où se faisaient éduquer de
nombreux enfants russes[2].
Le fait de la présence d’une grande colonie d’émigrés révolutionnaires
russes ne fut non plus oublié. Une pétition des Russes de la Riviera adressée à l’Impératrice
Maria Alexandrovna disait: «[...] en cette époque transitoire de son développement
sur les voies de consolidation et de définition de sa vie d’Etat et de
sa vie morale, la Russie rejette, par la force des circonstances, de son
organisme en bonne santé, beaucoup de matériel hostile aux principes de
la religion, de la famille et de la propriété. Il est évident que, en vue
de tout cela, chaque nouvelle église orthodoxe [...] devient dans cette
région un flambeau de la Grâce, opposé aux aspirations nuisibles des ennemis
de la Chrétienté»[3].
Une lettre en date du 9/21 décembre
1870 fut signée par le prince V.Gagarine, le prince Andreï Troubetskoï,
le prince Vladimir Golitsyne, Alexandre Bibikov, Alexandre Yourievitch,
le comte Petr Schouvalov. Les Russes domiciliés à Vevey demandèrent d’abord
d’y transférer l’autel de l’ancienne église de la Légation pour que l’archiprêtre
Afanassi Petrov y célébrât des offices[4].
Les Russes de Vevey et de la région
voisine commencèrent à collecter les moyens nécessaires pour couvrir les
frais de transfert et d’installation de l’ancienne église de la Légation,
pour maintenir le clergé et assurer les offices en hiver 1870/71. Le 29
décembre 1870 le métropolite Isidore de Saint-Pétersbourg et Novgorod répondit
qu’il n’y voyait pas d’obstacles. Plus tard, le 22 mai 1871, père Afanassi
Petrov demanda, sur proposition des Russes de Vevey, que l’église soit
ouverte tous les hivers et que son entretien soit garanti par ces mêmes
Russes de Vevey. Une autorisation fut obtenue[5].
Parmi les Russes qui habitaient
en ce moment Vevey, se trouvait le comte Petr Pavlovitch Schouvalov. Membre
d’une des familles de la grande aristocratie, il était vers 1872 lieutenant
aux hussards de la garde impériale; il deviendra plus tard aide-de-camp
de l’Empereur, commandant d’un des régiments d’infanterie et général-major.
L’une de ses filles, la comtesse Varvara, mariée à David Ivanovitch Orlov,
plus tard général et commandant d’une division des cosaques du Don, décéda à Vevey
le 20 septembre / 2 octobre 1872. La jeune femme mourut en couches, avec
sa fille nouveau-née Maria. C’est à la mémoire de sa fille Varvara (Barbara)
que le comte décida de dédier l’église[6].
(Varvara Orlov ne sera finalement enterrée avec sa fille dans le jardin
de l’actuelle église, près de son mur est, qu’en 1950, sur intervention
de l’évêque Léonty de Genève[7]). En
1873, le comte demanda une autorisation de faire bâtir à Vevey une église
dont la construction serait financée par ses propres moyens. Il expliqua
qu’il céderait pour cette église un terrain à Vevey qui lui appartenait,
ainsi que l’iconostase et les objets d’église en provenance de la chapelle
domestique de sa famille qui s’était trouvée d’abord à Palerme et ensuite à Paris[8].
Il promit aussi de couvrir les dépenses par une rente annuelle de 2.000francs[9]. L’archiprêtre Afanassi Petrov soutint
la demande du comte Schouvalov. L’ouverture de cette église serait selon
lui utile pour les Russes domiciliés à Vevey, à cause de la propagande
protestante et surtout catholique qui existaient en Suisse[10].
Le métropolite de Saint-Pétersbourg
n’y trouva aucun obstacle, à condition que l’église dépendît de celle de
Genève. Le Ministère des Affaires étrangères ne vit non plus aucun obstacle à condition
que l’entreprise ne demandât aucune dépense de sa part et que l’autorisation
au père Afanassi de célébrer des offices ne portât pas préjudice à l’exercice
de ses fonctions à Genève[11]. Le 5 mai 1873, la décision du Synode
fut approuvée parl’Empereur. Par cette même décision, la future église
fut déclarée dépendante de l’église de Genève, dont le clergé fut appelé célébrer
les offices, jusqu’à environ 15fois par an, de préférence au milieu de
la semaine[12].
Les offices religieux furent célébrés
durant tous les hivers de 1871 à 1874, dans une des salles de l’Hôtel de
l’Angleterre, et du 1er novembre 1874 au 1er octobre
1878 - dans la maison Gunthert,
rue du Simplon, dans les locaux privés[13], jusqu’à ce que, à l’issue des travaux
qui débutèrent en 1873, l’actuelle Eglise de la Sainte et Grande Martyre
Barbara ne fût définitivement consacrée le 1eroctobre 1878.
En 1879 l’église fut placée sous l’autorité du Ministère des Affaires étrangères[14].
L’église Sainte-Barbara de Vevey
est très belle, avec une grande coupole dorée et un terrain autour. Située
au N°12, rue des Communaux, elle est bâtie en pierre, entourée d’un jardin
et d’un mur en pierre, où s’élève une petite maison, destinée au début
au gardien[15]. Les plans de l’église
furent exécutés encore en 1864 par l’architecte russe d’origine tessinoise
Ippolito Monighetti[16], la
réalisation est de l’architecte Jean-Samuel Késer-Doret[17].
L’autorisation impériale accordée
au fondateur de l’église l’obligea à observer deux conditions: que la terre
où se trouvait l’église lui appartienne et qu’une rente annuelle de 2.000francs
lui soit attribuée. Les deux conditions furent remplies sur la base des
lois locales. D’un côté, le terrain fut acheté par le comte Schouvalov
directement au nom de l’église, ce qui fut confirmé par le contrat de vente
qui est conservé à l’église de Vevey[18]. De l’autre côté, le comte Schouvalov,
laissa pour l’entretien de l’église un capital de 40’000francs qui rapportait
(en obligations à 5% des chemins de fer russes, moyen de placement des
capitaux très avantageux à l’époque) jusqu’à 2’000francs de revenus par
an. Ces obligations, une fois converties, furent ensuite remplacées par
des papiers de créance à 4,5% de la Société mutuelle du crédit foncier,
qui ne rapportaient déjà que 1.850francs par an. Vers les années 1900,
après la conversion de ces derniers papiers, il s’agit d’obligations à 4,5%
de la Société de crédit de la ville de Saint-Pétersbourg pour une valeur
d’environ 15.500roubles, ce qui rapportait environ 1.750francs. Toutes
ces obligations furent conservées au Ministère des affaires étrangères.
Les besoins de l’église de Vevey furent en outre garantis par les intérêts
de différentes obligations des sociétés suisses (530 francs par an au total),
déposées à l’église de Genève. Les frais furent aussi partiellement remboursés
par des collectes et des donations[19].
Les premières années d’existence
de l’église de Vevey furent malheureusement marquées par une série de conflits
qui opposaient l’archiprêtre Afanassi Petrov de l’église de Genève (dont
dépendait l’église de Vevey selon la même décision impériale du 5 mai 1873),
d’une part, et l’administrateur laïque («starosta») de l’église, le prince
Andreï Troubetskoï, soutenu par la Légation russe de Berne, de l’autre
part. Le conflit se concentra autour de la question de la gestion des biens
de l’église. L’origine du conflit, qui se manifesta par une correspondance
agitée entre les différents protagonistes, se trouvait en partie dans la
double dépendance administrative de toutes les églises russes à l’étranger à ce
moment-là - celle du Synode et du
Ministère des Affaires étrangères en même temps. Le cas de Vevey s’aggrava
par la présence des fonds octroyés par le comte Schouvalov, que chaque
partie se jugeait la plus apte de gérer. Cependant, il n’est pas exclu
que les accusations politiques contre le prince Troubetskoï, présentées
par le père Afanassi et surtout par son épouse, moins gênée par la langue
diplomatique, avaient finalement aussi leurs raisons d’être dans cette
Suisse des années 1878-1881, remplie de révolutionnaires
russes[20].
Les ambassadeurs russes à Berne,
successivement VassiliKotzebue et, depuis 1879, AndreïHamburger, défendaient
ouvertement leurs propres intérêts. A la demande de Kotzebue, le prince
Andreï Troubetskoï, domicilié depuis un certain temps à Vevey et déjà administrateur
de l’église provisoire, «estimé de tous»[21], fut nommé le 9novembre 1878administrateur
de l’église[22]. Le père Afanassi aurait voulu utiliser
la rente du comte Schouvalov, destinée exclusivement à l’entretien de l’église,
pour garantir les offices à Vevey, notamment pour payer entre autres ses
voyages en train de Genève à Vevey, ce qui lui fut interdit par son supérieur,
le métropolite Isidore de Saint-Pétersbourg[23]. Dans sa lettre du 21avril
/ 3mai 1879 M.Kotzebue soulignait que l’administrateur laïque devrait non
seulement gérer tous les biens et fonds de l’église, mais aussi n’être
responsable que devant la Légation[24].
En réaction, le père Afanassi, dans sa lettre au Synode du 8/20mai 1879,
souligna que la façon du prince Troubetskoï de comprendre les affaires
d’Eglise signifiait une «complète négligence des statuts et des règles
d’Eglise», «un outrage nihiliste» «des traditions, us et coutumes, règles
et instructions affermis par la pratique de la Sainte Eglise depuis des
siècles»[25]. Le 28mai / 9juin 1879 le père Afanassi écrivit
entre autres: «Le fait que le Ministère des Affaires étrangères considère
l’administrateur laïque comme un fonctionnaire dépendant de la Légation,
avec toutes les conséquences qui en découlent pour les relations recteur-administrateur laïque
(l’administrateur ne communiquait pas au recteur les décisions des réunions
paroissiales, etc.) contredisent d’une façon radicale l’esprit de l’Eglise
orthodoxe, ses lois et statuts [...] Une église orthodoxe, étant un lieu
saint et sacré, est un bien de la sainte Eglise, gérée par les autorités
ecclésiastiques et ne peut jamais être bureau ou représentation d’une administration
laïque, même s’il s’agit de la Légation impériale. Le recteur de la paroisse
est le gérant principal et la première personne responsable dans l’administration
d’une église orthodoxe, quelle que soit sa situation géographique: à l’intérieur
des frontières de l’Empire de Russie ou à l’étranger. C’est pourquoi il
doit connaître et entrer dans les détails de sa gestion»[26].
Une discussion très acharnée, peu
digne d’ecclésiastiques, s’enflamma autour de la question des sommes que
le prêtre de Genève devrait obtenir pour ses offices à Vevey[27]. L’ambassadeur Hamburger proposa finalement
le 27 mars 1880 de faire exclure l’église de Vevey de la gestion de celle
de Genève et de la soumettre directement au Synode, en y nommant un prêtre
particulier, ce qui garantirait la continuité des offices religieux[28]. Le
31 mars 1880, Olga Petrov, épouse du prêtre, répliqua dans sa propre lettre
au Synode en accusant le prince Troubetskoï d’ignorance et d’arbitraire
(«il ferme parfois l’église en interdisant aux gens d’entrer aux offices»).
Ses ambitions, d’après Madame Olga Petrov, étaient d’origine politique:
il se serait rapproché de plusieurs «nihilistes» domiciliés à Vevey et
aurait le désir de fonder en Suisse une «église libérale», avec un «prêtre
libéral». Il aurait même utilisé l’église pour des réunions politiques[29].
Il est difficile de juger si les
craintes de cette femme étaient fondées, cependant, ses paroles: «Vous
savez vous-mêmes quelle sorte de gens habite chez nous sur les rives du
Léman, notre église [de Genève - I.G.]
est pratiquement vide lors des fêtes et il n’y a que sept personnes à Vevey» reflétaient
fortement la situation réelle de l’émigration russe dans la région lémanique
en cette période. Elle était marquée par l’arrivée massive d’émigrés révolutionnaires
ce qui avait diminué le pourcentage des paroissiens des églises par rapport à l’ensemble
des Russes[30]. Après de longs débats, l’église de
Vevey fut fermée et les offices n’y furent plus célébrés[31]; le prince Troubetskoï décéda peu après,
le 20janvier 1881[32].
Le métropolite Isidore, après avoir étudié la
question, jugea arbitraires les démarches du prince Troubetskoï, qui s’était
substitué aux assemblées paroissiales, et recommanda de tout laisser comme
avant. L’église de Vevey était, selon le métropolite, non une église paroissiale,
mais une église bâtie sur une tombe, il ne faudrait donc pas demander d’y
célébrer des offices permanents[33]. Le conflit n’épargna
non plus le père Afanassi Petrov, qui fut remplacé en mars 1883 par le
père Dimitri Opotsky au poste du recteur de la paroisse de Genève[34].
Ivan Grézine
© 1999-2003 Ivan Grézine. Tous droits
de traduction et de reproduction réservés. La réimpression ou mise en
ligne de ce texte sur un autre support est interdite sans autorisation
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Notes
[1]Cf. Registres de la paroisse orthodoxe russe de l’Exaltation de la Sainte-Croix à Genève.
Relevés par l’auteur, 1993-1999.
[2]RGIA, f.797, l.40, d.197, section II.
[3]RGIA, f.797, l.48, d.193, section II, bureau3, pp.113-115 [Traduit du russe par moi-même - I.G.].
[4]Ibid., l.40, d.197, section II.
[5]RGIA, f.797, l.40, d.197, section II.
[6]N. IKONNIKOV. NdR La Noblesse de Russie. 2me éd. Vol.C.1.
Paris, 1957. - pp.283, 284.
[7]Communiqué à l’auteur par Monseigneur Ambroise, évêque de Vevey, décembre1998.
[8]Communiqué à l’auteur par Monseigneur Ambroise, évêque de Vevey, décembre1998.
[9]RGIA, f.796, l.154, d.1401.
[13]AVPRI, f.168, l.843/3, d.72, pp.55, 56.
[14]Archiprêtre A.P.MALTSEV. Pravoslavnye rousskie tserkvi za granitseï. Spravotchnaya
knizhka s kalendarem na 1906 god (Eglises orthodoxes russes à l’étranger.
Annuaire et calendrier pour 1906). Saint-Pétersbourg, 1906. - p.55.
[15]AVPRI, f.159, l.755, d.7, pp.36a-37a.
[16]Aloys LAUPER. B.LISSOVSKIY. «L’église russe de Genève», dans Pro Fribourg.
N°108, octobre 1995. - p.30.
[18]RGIA, f.797, l.48, d.193, sectionII, bureau3, p.1.
[19] Archiprêtre A.P.MALTSEV. Pravoslavnye rousskie tserkvi za granitseï. Spravotchnaya knizhka s kalendarem na 1906 god (Eglises orthodoxes russes à l’étranger. Annuaire
et calendrier pour 1906). Saint-Pétersbourg, 1906. - p.55.
[20]RGIA, f.797, l.48, d.193, sectionII, bureau3, p.1.
[21]Ibid., pp.6-7
[Traduit du russe par moi-même - I.G.].
[23]RGIA, f.797, l.48, d.193, sectionII, bureau3, pp.10-10a.
[25]Ibid., p.22 [Traduit du russe par moi-même - I.G.].
[26]RGIA, f.797, l.48, d.193, sectionII, bureau3, pp.32-35a [Traduit du russe par moi-même - I.G.].
[29]Ibid., pp.42-45
[Traduit du russe par moi-même - I.G.].
[30]RGIA, f.797, l.48, d.193, sectionII, bureau3, pp.42-45.
[32]Registres de la paroisse orthodoxe russe de l’Exaltation de la Sainte-Croix à Genève.
Relevés par l’auteur, 1993-1999.
[33]RGIA, f.797, l.48, d.193, sectionII, bureau3, pp.60-63.
[34]AVPRI, f.168, l.843/3, d.72.
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Comme
le beau fruit
de Tes semailles salutaires,
la terre d'Helvétie T'apporte, Seigneur,
tous les saints
qui y ont fleuri.
Par leurs prières, garde en
une paix profonde
ton Eglise
et notre patrie,
par la puissance
de Ta Croix,
ô Miséricordieux.
Tropaire
de l'office à tous les saints
qui ont fleuri en terre d'Helvétie
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